CHAPITRE 14 - RAVI JACOB

 

 

   Phil s’installe dans l’avion. Personne ne peut se rendre compte de ce qui se passe dans le cockpit, peu de temps après le décollage.

   Ce jour là, sur le vol vers Tel-Aviv, les équipages étant formés de façon aléatoire, il était composé d’un pilote Chinois et d’un Israélien.

   Un silence de plomb règne dans la cabine de pilotage ; l’harmonie n’est pas au rendez-vous, loin s’en faut. L’appareil décolle, atteint son altitude et sa vitesse de croisière, le pilote automatique est enclenché, le commandant de bord s’enfonce dans son fauteuil et murmure :

 

Dans le livre : Entente (peu) cordiale...

 

 

Quelques heures plus tard, l’appareil se pose sut l’aéroport Ben Gourion.

 

    Phil était attendu en fin de journée par Salomon, ancien copain d’armée qui une fois en retraite fit le choix de profiter de celle-ci sur la terre de ses ancêtres.

    Phil prit un taxi pour aller dans un endroit où il savait pouvoir trouver un vieux Juif dont il avait entendu parler. Cet homme se rendait deux fois par jour pour prier au mur des lamentations, depuis toujours. Phil se renseigne et n’a pas de mal à se faire indiquer où le trouver tant il était connu dans toute la ville. Il aperçoit ce vieil homme qui se dirige à pas comptés vers le mur. Après trois quarts d’heure de prière et alors qu’il s’éloigne lentement appuyé sur sa canne, il s’approche :

- Excusez-moi, monsieur, je suis un touriste français, j’ai lu des articles sur vous et je souhaitais vous saluer. Depuis combien de temps venez-vous prier ici ?

- Plus de soixante-dix ans !

- Soixante-dix ans ! C’est incroyable ! Et pourquoi priez-vous ?

- Je prie pour la paix entre les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans. Je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine entre les hommes. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables qui aiment leur prochain. Il faut vite construire un autre monde que celui laissé par les attentats de fin 2015 en France.

- Franchement, que ressentez-vous après plusieurs décennies de prière ?

- M’en parlez pas mon pauvre monsieur, j’ai vraiment l’impression de parler à un mur !

   Phil prit congé se surprenant d’avoir, pour la première fois depuis longtemps, parlé poliment à un inconnu et avoir porté attention à une autre personne que lui. La chaleur et la promenade le firent s’asseoir sous un parasol pour se rafraîchir. A la table voisine, quatre hommes discutent ; il comprit vite qu’il y avait là un Protestant, un Musulman, un Catholique et un Juif. Le Catholique dit :

 

Dans le livre : Entente (toujours) peu cordiale...

 

 

    L’hospitalité orientale n’étant pas un vain mot, Salomon récupéra Phil, prit la direction de l’aéroport où ses bagages étaient restés à la consigne. Ce n’est qu’ensuite qu’ils firent route vers la maison située en périphérie de la ville.

    Il fit ensuite la connaissance de Sarah, l’épouse, de Nédira leur fille ; seul Ménahem était dans le désert pour quelques temps. Deux copains d’armée qui se retrouvent, c’est toujours l’occasion d’échanges riches après tant d’années. Les contacts s’étaient limités à quelques cartes de vœux, de vacances, mais le fil n’avait jamais été rompu.

    Tout comme lors de ses précédentes étapes, Phil glissa sous le tapis certains pans peu glorieux de sa vie publique et privée. Il trouva toutefois son ami quelque peu soucieux, amer ; il lui en fit la remarque. Salomon l’informa qu’effectivement il venait de connaître une très forte contrariété le jour même et s’en expliqua.

 

Dans le livre : L'ingratitude des religions...

 

 

   Le lendemain, Salomon et Sarah travaillant, Phil prend le bus et déambule dans la vieille ville au point d’avoir du mal à retrouver l’adresse de ses hôtes. Les panneaux indicateurs et autres plaques, les plans sur les abris de bus restaient de l’hébreu pour lui. Après maints détours, il arrive à bon port, prend une douche et se repose en vue du dîner qui devait être l’occasion de se voir présenter le frère et la belle-soeur de Salomon. Le peu de vaisselle de la veille restée dans l’évier n’eut pour seul effet sur lui qu’un regard d’indifférence absolue.

    C’est aux environs de vingt et une heures que tout le monde se retrouve autour de la table. Moshé et Rebecca étaient des convives de qualité, aimables, diserts, heureux de rencontrer un Français. Ils ont une grande admiration pour notre pays grâce au discours de Dominique Galouzeau de Villepin à l’ O.N.U et aussi grâce à Jacques Chirac dans la vieille ville en 1996. Paradoxalement, ils ne lui tenaient pas rigueur de ce coup de gueule contre leurs soldats, qui le vit, le lendemain accueilli en héros dans les territoires Palestiniens !

    Ce soir là, l’humeur était badine, ils estimaient avoir réussi un joli coup dans la journée. Moshe avait téléphoné à leur fils, Samuel, émigré à New York :

 

Dans le livre : Le bonheur, c'est simple comme...

 

 

   Au cours de ce repas, Phil apprit aussi que leur fils, Ménahem, travaillait à la construction d’un nouveau kibboutz écolo, expérimental, dans le désert. Salomon lui proposa de s’y rendre mais le prévient qu’il serait nécessaire de prendre un dromadaire :

- Même si ce n’est qu’un chameau qui bosse à mi-temps, c’est de loin la meilleure solution.

   Phil accepta de bon cœur avec un argument imparable :- J’ ai déjà fait une heure de marche, il y a longtemps, dans le désert des Agriates en Corse, alors pensez…un désert de plus ou de moins !

   Malheureusement, un imprévu professionnel ne laissa pas le choix à Salomon ; il ne pouvait plus envisager ce déplacement. Malgré les conseils avisés, Phil décida de partir seul avec un GPS et au cas où, une boussole. Il estimait qu’il aurait largement le temps d’apprendre à l’utiliser.

   Deux heures après le départ, l’animal bien dressé par son propriétaire avait fait demi-tour !Phil marche longtemps, longtemps, les réserves d’eau s’épuisent. Enfin, il décide d’enlever sa veste. L’inquiétude commence malgré tout à le gagner lorsque soudain, au détour d’une dune, il aperçoit de loin ce qui lui semble être un homme. Un mirage ?

 

Dans le livre : Du sable, un vieil homme et deux tréteaux...

 

 

    Le vieil homme appela son frère Ariel qui arriva rapidement au volant de son 4X4. Pour la première fois de sa vie, Phil engloutit deux litres d’eau d’une traite. Ariel le raccompagna jusqu’à la limite de la ville, à un arrêt de bus. Phil ne remarqua pas la tape amicale qu’Ariel donna à son dromadaire préféré, de retour au bercail…

    C’est un peu honteux qu’il raconta sa mésaventure mais passablement heureux de faire son sac pour sa prochaine destination.

 

A SUIVRE...Encore un peu plus loin...

 

La messagerie "laroutedurire2016@gmail.com" est à votre disposition si besoin pour les commandes du livre.

2 Précisions suite à des courriels reçus ces derniers jours :

- Les frais de port sont bien offerts mais uniquement pour la Métropole; merci de votre compréhension !

- Le livre est édité à compte d'auteur, aux Editions de la Botellerie mais ne se trouve que chez les libraires indépendants sur commande ou directement par mes soins en utilisant la messagerie précitée pour les modalités pratiques...fort simples !

 

Merci et à bientôt !