CHAPITRE 15 - PARTIE DE GOLFE

 

 

 

 

 

    Phil remonta dans un avion en destination d’un pays ami où l’armée française est présente pour tenter d’enrayer les conflits ou essayer d’assurer une simple stabilité politique.

   Pour des raisons évidentes de sécurité, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, souhaite que le nom de cet État ne vous soit pas divulgué. Une autre raison justifie ce " Secret Défense ". Cet État est sur la liste des potentiels acheteurs de notre " Rafale ", autrement dit, un pays ami à qui nous prêtons de l’argent sans intérêts sur soixante ans pour qu’il nous achète cet appareil et le fabrique ensuite chez lui.

   Comme disait dans son anaphore, François normal : " Moi Président, tant que je peux emmerder Sarko…".

 

   Phil avait retrouvé la trace grâce à un réseau social, d’un copain de lycée, Gérard. Contact fut pris et ce fut une réelle surprise de se voir invité sur une base de notre armée de Terre.

   Gérard était médecin militaire et sa femme Micheline infirmière sur la base et responsable d’un dispensaire. Couple sans enfants, ils étaient souvent volontaires ou désignés pour les OPEX (Opérations Extérieures).

   Il rallia par un bus local la petite bourgade où Micheline devait le récupérer. Au restaurant de l’hôtel, une belle oasis dans ce désert, il fit la connaissance de deux copines dont la semaine de vacances s’achevait, leur avion était prévu le lendemain midi.

   Ils finirent la soirée autour d’un verre, près de la piscine. Rapidement, il s’avéra que l’une des deux, Christine, avait bien profité de sa semaine au prix, il est vrai, de quelques coups de canif dans le contrat de mariage ; elle riait encore de l’une de ces rencontres :

 

Dans le livre : Une drôle de semaine de vacances...

 

 

    Le lendemain matin, à l’heure convenue, Micheline passe à l’hôtel et fait demander Phil par la réception. Elle réprima un fou rire en le voyant arriver vêtu d’un short rose fushia du plus bel effet et d’un " marcel " décoré d’un " Peace and love " inattendu. Autour d’un café, elle déploya des trésors de diplomatie pour lui expliquer que le fushia, passe encore mais que le haut risquait d’être diversement apprécié à son arrivée sur le campement. Pas le choix pourtant, son bagage ne contenant quasiment que des vêtements empestant la sueur, de quoi faire reculer n’importe quel douanier normalement constitué. Il fut décidé de faire un tour dans les rares boutiques locales.

   C’est en déambulant dans la seule rue commerçante que Phil s’étonna d’y trouver trois coiffeurs, qui plus est, mitoyens mais manifestement n’ayant pas le même nombre de clients !

   Micheline lui en expliqua la raison.

 

Dans le livre : L'art de ne pas couper les cheveux en quatre...

 

 

    Avant de prendre la piste pour plusieurs heures de trajet, Micheline souhaite passer par le dispensaire. Le généraliste avec lequel elle travaillait avait pris un jour de congé, confié la consultation à un remplaçant inconnu. Pour cette raison elle décide de lui rendre une visite impromptue.

- Alors comment ça se passe ?

- Bien, docteur, j’ai vu trois malades. Le premier avait une migraine, je lui ai donné du paracétamol.

- Bien, et le deuxième ?

- Le deuxième, il avait des brûlures d’estomac, je lui ai donné un anti-acide.

- C’est très bien ça, tu as été un vrai pro ! Et le troisième ?

- Ben, la porte s’est ouverte, une femme superbe est entrée comme une furie, elle s’est déshabillée complètement puis elle s’est allongée sur la table d’examens et s’est mise à crier " Aides-moi, ça fait cinq ans que j’ai pas vu un homme ! ".

Micheline, soudainement un peu inquiète, lui demande :

- Et là, tu as fait quoi ?

- Ben, je lui ai mis des gouttes dans les yeux !

 

   Cela fait, ils prennent la piste en direction du campement de l’armée française. Micheline prévient son passager qu’en cas d’envie pressante ou de panne, il devrait être très vigilant quant à la présence de fauves cachés dans les hautes herbes. Elle lui assure que leur présence n’était pas rare et que si le lion et la lionne sont félins pour l’autre, ils ne détestent pas varier les menus du couple.

 

    Ils arrivent dans l’après-midi à la base, Gérard est très occupé et ce n’est que le soir qu’ils pourront enfin se retrouver après de si longues années. Gérard venait de voir tous ses hommes remplacés au bout de quelques mois et il lui fallait faire une revue de ses effectifs. L’appel est lancé, rassemblement au centre du campement.

- Bon, on va faire simple :

- Les Bretons et les Corses, à gauche,

- Les Alsaciens et les Lorrains, à droite,

- Les Provençaux et les Normands devant,

- …Et les Ch’tis derrière !

S’ensuit un grand remue-ménage, quand la poussière est dissipée, Gérard voit qu’il reste trois maghrébins et trois noirs au milieu de la cour. L’un d’eux lève le doigt :

- Et nous, les Français, on va où ?

 

   Enfin, le dîner est servi au Mess des officiers, les deux amis se retrouvent avec plaisir et la soirée et aussi animée que les discussions. Les rires fusent et Gérard n’est pas mécontent de présenter son copain à ses nombreux supérieurs venus de métropole en mission d’inspection. A la fin du repas, un Général fait circuler une boite de bons cigares rapportée de l’un de ces précédents déplacements à l’étranger. Lorsque la boite arrive à son niveau, Phil, sans vergogne en prend cinq, les met dans sa poche et déclare :

- C’est pour la route !

- Merci d’être venu d’aussi loin ! lui lance Gérard vexé et se demandant si vraiment ce copain n’allait pas se montrer un peu encombrant…

    La réponse lui fut donnée rapidement.

 

   Le lendemain, il décide malgré tout de lui faire visiter les installations du camp. Au bout d’une heure, Phil lui fait remarquer qu’hormis Micheline, il n’y avait pas de femmes et s’en étonne.

- Et alors ? Où est le problème ?

- Ben, tu vois ce que je veux dire, tes gars, ici, au bout de deux semaines, ils doivent bien être en manque…

- Tu vois la tente, là bas ? A l’intérieur,il y a la réponse...

 

Dans le livre : L'efficacité et l'organisation de notre armée...loin de la mère Patrie !

 

 

   En toute logique, Gérard saisit ce prétexte inqualifiable pour ordonner à Phil de quitter la base dès le lendemain, sa présence étant devenue impossible et la cohabitation avec ses hommes s’annonçant houleuse…Le foutage de gueule dont il fut l’objet fut sans équivoque. Il ne put éviter de croiser des militaires sans qu’ils ne lui chantent en chœur une ancienne chanson de Michel Sardou, " Le rire du sergent, la folle du régiment… ".

    C’est dans un silence glacial paradoxal sous ces chaudes contrées que Micheline le ramena au village d’où il put rejoindre l’aéroport et embarquer dans le vol de nuit pour Marseille. Pendant son absence, l’épave de sa voiture avait été retrouvée au pied du Cap Canaille, face au port de Cassis.

 

   Arrivé à Marseille, il mit ses bagages à la consigne en attendant que Maurice, prévenu, passe le chercher en rentrant de son travail. Disposant d’un peu de temps, il décida d’aller marcher un peu, réfléchir à la partie racontable de ses pérégrinations ultérieures à son passage ici. Il commença à marcher sans but précis sous le soleil alors que l’environnement immédiat de l’aéroport ne ressemble pourtant guère à un parc arboré.

 

 

    " Putain de camion " chantait Renaud après la mort de Coluche.

    C’est ce que pouvait aussi se dire Maurice en arrivant sur place. Il constata immédiatement une agitation anormale autour de gyrophares. Il retrouva Phil dans l’ambulance en partance vers l’hôpital de La Timone.     

   D'emblée, les pompiers lui affirmèrent que son état était jugé sérieux.

 

   Rentré à son domicile, Maurice jugea préférable de prévenir Véronique, l’ex-femme de Phil.

   Ce soir là, Sylvette, à l’annonce de cette nouvelle eut une réaction identique à celle de Pierre Desproges apprenant la mort de Tino Rossi : elle reprit des moules.

 

   Accompagnée de leurs enfants, Véronique arriva le lendemain à Marseille et se rendit directement auprès des médecins.

 

 

                                            A SUIVRE...Dans quel état retrouverez-vous Phil ???

   Faites connaître le livre via le blog...Merci à vous !

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